les pappardelle et boulettes au citron de benjamin


On pourrait ici faire une liste déroulante dithyrambique sur les aliments utilisés pour réaliser ce plat... Mais bon, on va pas s'éterniser non plus. Les "polpette" sont différentes des bolognese ou autre cannelloni en goût, en forme et à la mâche. Ces particularités propres aux boulettes, celles qui font leur différence à côté d'une lasagne, c'est ce qu'on appelle: la dissociation des saveurs. Pourquoi ça, vous allez me dire. Et bien simplement parce-que nos boulettes font bande à part. Elles ont leur propre identité. Elles absorbent les différents aliments mélangés en amont et créent leur propre entité. Une autre divergence en comparaison avec d'autres plats utilisant la viande et la tomate ? C'est que vous devez mettre la main à la pâte (de boulettes)! Ici, on ne jette pas le tout dans une casserole durant deux heures. Non; on vous demandera de devenir un créateur, d'user de vos mains, de sceller un pacte avec la boulette. En bref, de lui donner une seconde vie ! C'est la partie artistique "della polpette". Et puis, il y a la sauce tomate. Tout ce cinéma lui convient bien. Les boulettes d'un côté, elle de l'autre. Finalement, cette dernière se sent chez elle! Elle est dissociée et se rappelle à son devoir. Celui d'embellir le plat. D'ennoblir toutes les faces des pappardelles. D'y déposer ses effluves et de donner corps à l'ensemble de l'assiette.

Justement, lorsqu'arrive le moment de passer à table, on retrouve les boulettes et la sauce d'un côté; les "pastas" de l'autre. L'ensemble du plat dévoile alors ses atours au centre de la table. Ça en jette, ça réconforte et ça sent la "casa della nonna" à plein nez ! Voilà pourquoi la cuisine italienne nous donne des ailes. C'est vrai, c'est franc, c'est bon! La philosophie culinaire qui fait le génie de nos potes transalpins, c'est que finalement, on redevient enfant. Toute cette gourmandise ne nous laisse pas le choix, on en veut jusqu'à tomber malade! Et toute cette mise en scène parfaitement orchestrée finira son travail lorsque nos ventres seront repus. Che piacere !

Post scriptum: ne rêvez pas hein, les mots en italien; c'est google.... ma! che cazzo ! (ça aussi)


L'histoire des boulettes est... compliquée. L'anecdote la plus vraisemblable est que la notoriété de cette recette se trouve de l'autre côté de l'atlantique. En effet, c'est en 1920 que les Américains publient en premier une recette de boulette à la viande de boeuf et sauce tomate. En 1955, "la belle et le clochard" ont porté leur baiser et leurs boulettes à travers le monde. À ce propos, les écrivains et chefs cuisiniers sont unanimes; c'est une recette italo-américaine. Enfin, tout ce qui vient des États-unis n'est-il pas propriété universelle ? Et malgré tout, il serait étonnant que les italiens aient débarqué dans le New-York d'antan sans leurs propres recettes. Pizzas et autres spaghettis n'ont certainement pas fait le voyage pour rien ! Une chose est cependant certaine, c'est qu'en Italie, on en trouve partout et sous toutes les formes. Dans toutes les régions, dans toutes les villes et dans toutes les chaumières. Pour finir, il est un point où tout le monde sera d'accord; tout ceci est inscrit dans nos Gênes. È vai, ciao ciao !!


(Pour 4 personnes)


Pour les boulettes

600 g de viande hachée de boeuf du coin

1 zeste de citron bio

1/4 de botte de persil

2 branches de thym

1 petit oignon

2 grosses gousses d'ail

1 pointe de piment fort en poudre

2 c. à s. de pignons de pin

1 oeuf

15 g de farine


Pour la sauce tomate-carotte

700 g de tomates concassées

3 carottes de taille moyenne

1 oignon

2 c. à s. d’huile d'olive

sel, poivre


Sortir la viande 1 heure avant afin qu'elle soit tempérée. Durant ce laps de temps confectionner la sauce tomate-carotte. Pour se faire, hacher un oignon. Faites le revenir dans une casserole avec l'huile d'olive. Verser les tomates concassées. Saler, poivrer. Faire mijoter quelques minutes le temps de faire une brunoise avec les carottes (brunoise= couper les carottes en petits cubes de 2-3mm). Ajouter celles-ci et faire cuire le tout à feu doux durant tout le processus de la préparation et cuisson des "polpette".

Préparer la farce à boulettes. Déposer la viande hachée dans un saladier. Hacher très finement l'oignon et le persil. Bien nettoyer (même bio) le citron et en retirer tout le zeste. Hacher grossièrement les pignons, écraser l'ail. Mettre le tout dans le saladier avec la viande. Ajouter un oeuf et le thym. Saler, poivrer et pimenter. Juste avant de former vos boules, ajouter les carottes à la sauce tomate. Il faut qu'elles cuisent un peu mais qu'elles restent croquantes. Retour à votre masse viande-épices. Mélanger le tout à la main. C'est la meilleure des façons. Une fois la farce aboutie, créer des boulettes de 3 cm de diamètre entre vos deux paumes de mains. Les rouler dans la farine et les disposer sur une, voire deux assiettes. Faire chauffer une poêle avec l'huile. Faire revenir les boulettes sur toutes les faces durant 4-5 minutes. Verser la sauce tomate-carottes dans la poêle avec les boulettes. Laisser les mijoter ensemble afin que les sucs de la cuisson se mélangent à la sauce. 10-15 min. Le temps de faire cuire les pappardelles. Et là...... Buon viaggio !


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